L’islam s’est-il propagé par l’épée et les peuples convertis de force ?

L'islam est une religion violente qui s'est répandue par l'épée. Il favorise la violence. Un tel parti pris est courant de nos jours. Dans un passé récent, il n'était pas rare de voir des livres avec des dessins d'un arabe montant son cheval l'épée dans une main et un livre supposé être le Coran dans l'autre. Comment l'islam s'est propagé dans le monde : par l'épée ou par la conversion de plein gré ?
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Publié le 23 février 2020, par Samir | 18 h 48 min
Temps de lecture : 13 minutes

Examinons d’abord la question de la « conversion par la force » du point de vue coranique.  Il ne peut y avoir aucune force pour accepter l’islam. Allah veut des croyants sincères, pas des hypocrites. Par conversion forcée, vous augmentez seulement le nombre d’hypocrites, pas le nombre de vrais croyants.  Le Coran est très clair sur cette question de l’entrée dans le giron islamique :

« Nulle contrainte en religion! Car le bon chemin s’est distingué de l’égarement. Donc, quiconque mécroit au Rebelle tandis qu’il croit en Allah saisit l’anse la plus solide, qui ne peut se briser. Et Allah est Audient et Omniscient. » [al Baqara, verset 256]

« Et dis: « La vérité émane de votre Seigneur». Quiconque le veut, qu’il croie, quiconque le veut qu’il mécroie ». » [al kahf, verset 29]

Dans de nombreux autres versets, le prophète (sallallahou 'alayhi wa sallam) est décrit comme « porteur de bonnes nouvelles » et « avertisseur du châtiment de Dieu ». Son rôle était simplement de rappeler au peuple son instinct naturel de croire en Dieu.

L’exemple du prophète (sallallahou 'alayhi wa sallam)

Le prophète Mouhammed (sallallahou 'alayhi wa sallam) n’a jamais cherché à déclencher une guerre pour le plaisir de la guerre. Il n’a jamais fait une guerre à moins qu’il ne se retrouve contraint de combattre ou riposter à une agression. L’idée même d’une propagation par l’épée serait contraire au Coran :

« Par la sagesse et la bonne exhortation appelle (les gens) au sentier de ton Seigneur. Et discute avec eux de la meilleure façon. Car c’est ton Seigneur qui connaît le mieux celui qui s’égare de Son sentier et c’est Lui qui connaît le mieux ceux qui sont bien guidés. » [L’abeille, verset 125]

Les 13 premières années de la mission du prophète (sallallahou 'alayhi wa sallam) se sont passées à La Mecque. Lui et les musulmans étaient une minorité. La force était inconcevable et tout simplement impossible. C’est la persécution qui l’a forcé à migrer de La Mecque à Médine.

La majorité de la population de Médine – appartenant aux tribus des Aws et des Khazraj – avait accepté l’islam avant la migration du prophète (sallallahou 'alayhi wa sallam) dans cette ville. De toute évidence, cette acceptation ou conversion du peuple de Médine n’aurait pas pu être obtenue par la force. Lui et ses compagnons à La Mecque n’avaient aucun moyen de convertir physiquement les habitants de Médine. .

Une fois installé à Madinah, le prophète (sallallahou 'alayhi wa sallam) s’est rendu compte qu’il y avait une communauté juive minoritaire dans cette ville qui n’avait aucune tendance à accepter l’islam. Il les a rencontrés et les a invités à un pacte avec les musulmans afin que chaque groupe religieux de Médine connaisse ses droits et ses obligations. La partie pertinente de la charte se lit comme suit :

Les juifs qui concluent cette alliance seront protégés de toutes les insultes et vexations ; ils auront le même droit que notre peuple à notre assistance et à nos bons offices. Les juifs des différentes branches d’Aws, Nadjar, Harith, Jashim, Tha’labah, Aws et tous les autres domiciliés à Yathrib (c’est-à-dire Médine) formeront avec les musulmans une nation composite.

Ils doivent pratiquer dans leur religion aussi librement que les musulmans. Ils jouiront de la même sécurité et liberté. Le coupable sera poursuivi et puni. Les juifs se joindront aux musulmans pour défendre Yathrib contre tous les ennemis. L’intérieur de Yathrib sera un lieu sacré pour tous ceux qui acceptent cette charte.

Cela montre clairement que le prophète (sallallahou 'alayhi wa sallam) n’a pas forcé les gens à accepter l’islam, il a plutôt favorisé la coexistence pacifique avec les adeptes d’autres confessions.

Les guerres de la vie du prophète (sallallahou 'alayhi wa sallam)

Qu’en est-il des combats que le prophète (sallallahou 'alayhi wa sallam) a menés après avoir établi son pouvoir politique à Médine ? Était-ce dans le but d’imposer l’islam aux autres ? Voyons brièvement les principales batailles de cette époque :

La bataille de Badr

Les musulmans ont affronté les forces de la Mecque à Badr, à 80 miles de Médine et à 200 miles de La Mecque. L’emplacement et les circonstances montrent clairement que les infidèles de la Mecque étaient les agresseurs.

La bataille de Ouhoud

C’est le nom d’une montagne à l’extérieur de Médine. Les Mecquois sont venus se venger de la défaite de Badr.

La bataille de al Ahzab (ou al Khandaq)

Les incroyants mecquois, en alliance avec les juifs du nord de l’Arabie, sont venus attaquer les musulmans de Médine.

Le traité de paix de al Houdaybiyya

La 6e année après la migration du prophète (sallallahou 'alayhi wa sallam), accompagné de musulmans, il a décidé de se rendre en pèlerinage à La Mecque. Les infidèles ont empêché les musulmans d’entrer dans la ville de La Mecque. Après de longues négociations, les 2 parties ont signé un traité de paix pour une durée de 10 ans.

Les implications de ce traité de paix étaient très importantes :

Premièrement, jusqu’à la signature de ce traité, les musulmans étaient surtout occupés à se défendre contre les Mecquois (leurs ennemis extérieurs) et les juifs (leurs ennemis intérieurs). Deuxièmement, ce n’est qu’après la signature de ce traité que les musulmans se sont sentis suffisamment en sécurité pour se rendre dans des régions et des pays en dehors de Médine. Le traité de paix a donné aux musulmans l’occasion de lancer une campagne organisée pour propager l’islam parmi les tribus et les pays environnants.

Troisièmement, de la 6e année de la migration du prophète (sallallahou 'alayhi wa sallam) à la 9e année, il y avait eu tellement de travail de da’wa que presque toute la péninsule arabique est entrée dans l’islam sans la force de l’épée. En conséquence, la 9e année est connue comme « ‘Am al Woufoud » – l’année des délégations : parce que de nombreuses délégations de tribus arabes venaient à Médine pour déclarer leur acceptation de l’islam et faire allégeance au prophète (sallallahou 'alayhi wa sallam).

La conquête de la Mecque

Ce n’est que lorsque les Mecquois ont violé les conditions du traité de paix que les musulmans ont pris le contrôle de la ville de La Mecque sans effusion de sang – par la suite, 3 ans après. La Mecque a été déclarée comme une ville sainte où l’adoration des idoles était interdite. Malgré tout, les adorateurs d’idoles de La Mecque ont bénéficié d’un délai de grâce de 4 mois pour rester et étudier l’islam. S’ils n’étaient toujours pas convaincus du message de l’islam, alors ils devaient leur demander de quitter le territoire sacré de La Mecque.

« Désaveu de la part d’Allah et de Son messager à l’égard des associateurs avec qui vous avez conclu un pacte. Parcourez la terre durant quatre mois; et sachez que vous ne réduirez pas Allah à l’impuissance et qu’Allah couvre d’ignominie les mécréants. » [Le repentir, verset 1-2]

Dans tous ces cas, nous voyons que ni l’épée ni la force n’ont été utilisées pour convertir les gens à l’islam. Surtout pour les juifs et les chrétiens – que l’islam reconnaît comme ahl al kitab, les Gens du Livre. L’islam leur a garanti la liberté de leur foi et de leurs pratiques religieuses sous la domination islamique.

Les conquêtes après le prophète (sallallahou 'alayhi wa sallam)

Après la mort du prophète (sallallahou 'alayhi wa sallam), les musulmans ont progressivement conquis l’Irak, la Syrie, la Palestine, l’Égypte et l’Iran. Pendant le règne d’Abou Bakr, l’Irak a été conquis en 633. Pendant le règne de Omar, la Syrie, la Palestine, l’Egypte et les 2 tiers de la Perse ont été conquis. Le reste de la Perse a été conquis sous le règne de Othman.

De nombreux historiens considèrent les conquêtes des dirigeants venus après le prophète (sallallahou 'alayhi wa sallam) comme une preuve de « conversion forcée à l’islam ». Il est vrai que les musulmans ont conquis ces terres et pays voisins mais cela signifie-t-il que l’islam, la religion, s’est propagée par la force ?

Empire musulman ou empire de l’islam ?

La confusion survient lorsque les écrivains et les historiens interprètent l’expansion de l’empire musulman/arabe comme l’expansion de l’islam, la religion. Il est indéniable que l’empire musulman/arabe s’est propagé par la force militaire dans tout le Moyen-Orient, mais cela ne s’est pas automatiquement traduit par la propagation de l’islam en tant que religion.

Ira M. Lapidus, dans son histoire des sociétés islamiques, écrit : « La question de savoir pourquoi les gens se convertissent à l’islam a toujours généré un sentiment intense. Les générations précédentes de savants européens croyaient que les conversions à l’islam se faisaient à la pointe de l’épée et que les peuples conquis avaient le choix de se convertir ou de mourir. Il est maintenant évident que la conversion par la force, bien que non inconnue dans les pays musulmans, était en fait rare. »

L’histoire fournit une preuve suffisante que les empires musulmans se sont propagés par la puissance militaire, mais cela ne se traduit pas nécessairement par la propagation de l’islam par la force aussi.

L’exemple de l’Inde

Les musulmans ont gouverné l’Inde pendant environ 800 ans, mais il n’y a jamais eu de majorité musulmane dans ce pays. Les chiffres eux-mêmes montrent que la force ne faisait pas partie de la propagation de l’islam dans cette région. Un éminent historien et journaliste indien, le Dr Khuswant Singh, dans son histoire des Sikhs, a discuté des débuts de l’islam en Inde. Il déclare clairement que l’islam s’est propagé en Inde non pas par les dirigeants musulmans mais par les maîtres spirituels et missionnaires musulmans.

L’histoire de l’Extrême-Orient

Jamais une armée ou une marine musulmane n’a mis les pieds en Malaisie ou en Indonésie. Cependant, l’Indonésie en termes de population est le plus grand pays musulman du monde. L’islam ne s’est répandu que par le biais de commerçants et de missionnaires musulmans. C’est par le caractère et le comportement des commerçants musulmans que les indonésiens ont d’abord été attirés par l’islam.

L’empire Ottoman

Il était dirigé par un calife turc. L’empire ottoman a dominé une vaste région de terres chrétiennes en Europe de l’Est, mais il n’a jamais forcé ses citoyens chrétiens à se convertir à l’islam. On leur a donné le droit de gouverner leur vie selon leurs propres traditions religieuses.

Si nous devions comparer l’attitude des dirigeants musulmans envers les minorités vivant sous leur règne au cours du 19e siècle avec l’attitude des européens et des américains envers leurs minorités, le bilan des musulmans est bien meilleur.

Le professeur Davison, un éminent historien de l’empire ottoman, écrit :  » On pourrait en fait affirmer que les turcs étaient moins oppressifs envers leurs sujets que les prussiens des polonais, les anglais des irlandais ou les américains des noirs. Il y a des preuves pour montrer qu’à cette période [fin du 19e siècle], il y a eu une émigration de la Grèce indépendante vers l’empire ottoman, car certains grecs ont trouvé le gouvernement ottoman plus indulgent [que leur propre gouvernement grec].  »

La croissance de l’islam aujourd’hui

Malgré l’accusation de nombreux médias quant au fait que l’islam est le problème de tous les maux, la croissance et la propagation de l’islam en Occident est fulgurante. Malgré tous les obstacles, c’est l’une des religions à la croissance la plus rapide aux États-Unis. Elle est déjà fortement implantée au Royaume-Uni, en France et en Allemagne. Cela en dit long sur la façon dont cette religion s’est propagée et se propage même maintenant. Qui aujourd’hui est contraint de devenir musulman dans ces pays ?

Les musulmans occidentaux doivent réaliser compte que la réponse la plus forte aux médias biaisés est leur propre comportement et caractère. S’ils ont une bonne conduite islamique dans leur vie quotidienne, avec leurs voisins, leurs collègues, les gens ne croiront plus à la représentation négative de l’islam dans les médias. Le message de paix de l’islam ne se fait pas seulement par des mots mais surtout par des actions. Le comportement à la maison, au travail et dans la communauté est un bon un moyen de défendre et de représenter la véritable image de l’islam.

Pour conclure en ce qui concerne la propagande de l’épée de l’acier, cette théorie ne tient pas un instant. Voyons ce qu’en dit ces quelques personnalités connues et reconnues.

Mohandas Karamchand Gandhi : « Je suis devenu plus que jamais convaincu que ce n’était pas l’épée qui gagnait une place pour l’islam à cette époque dans le schéma de la vie. C’était la simplicité rigide, l’effacement de soi total du prophète (sallallahou 'alayhi wa sallam), le respect scrupuleux de ses engagements, sa dévotion intense à ses amis et disciples, son intrépidité, sa confiance absolue en Dieu et en sa propre mission. Ceux-ci, et non l’épée, ont tout emporté devant eux et surmonté tous les ennuis.  » JEUNE INDE, 1924.

Edward Gibbon : « Le plus grand succès de la vie de Mohammad a été réalisé par la force morale pure sans coup d’épée. » [Histoire de l’empire Saracen, Londres, 1870]

Arthur Stanley Tritton : « L’image du soldat musulman qui avance avec une épée dans une main et le Coran dans l’autre est tout à fait fausse.  » [Islam, Londres, 1951, page 21]

De Lacy O-Leary : « L’histoire montre cependant clairement que la légende des musulmans fanatiques, balayant le monde et forçant l’islam à bout de bras sur les races conquises, est l’un des mythes les plus fantastiquement absurdes que les historiens aient jamais connus. répété. » [L’islam au carrefour, Londres, 1923, page 8]

Koneru Ramakrishna Rao : « La théorie de l’islam et de l’épée, par exemple, on ne l’entend plus dans aucun quartier digne de ce nom. Le principe de l’islam – il n’y a aucune contrainte dans la religion – est bien connu. » [Mohammed, le prophète de l’islam, Riyad, 1989, page 4]

James Albert Michener : « Aucune autre religion dans l’histoire ne s’est répandue aussi rapidement que l’islam… L’Occident a largement cru que cette poussée de religion était rendue possible par l’épée. Mais aucun savant moderne n’accepte cette idée, et le Coran est explicite en faveur de la liberté de conscience.  » [Islam – The misunderstood religion, Readers Digest, Mai 1955]

Lawrence Brown : « Soit dit en passant, ces faits bien établis éliminent l’idée si largement répandue dans les écrits chrétiens que les musulmans, où qu’ils aillent, ont forcé les gens à accepter l’islam au point de l’épée. » [Les perspectives de l’islam, Londres 1944]

C’est l’épée de lumière dont le simple éclat élimine le mensonge comme la lumière efface les ténèbres. Le tranchant de cette épée de vérité continue de percer le cœur d’innombrables hommes et femmes.

sam. 11 Sha'bane
السبت 11 شعبان

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