En grandissant dans une famille supposée chrétienne, mais en réalité non religieuse, je n’ai jamais entendu le nom de Dieu prononcé. Je n’ai jamais vu personne prier et j’ai appris dès le début que la seule raison de faire les choses était d’en tirer un profit. Nous avons célébré Noël, Pâques, la mi-été et la Toussaint et même si je n’ai jamais su pourquoi, je n’ai jamais remis en question. C’était aussi ça être suédois. En tant que chrétienne (protestante), vous pouvez passer par quelque chose appelé confirmation, autour de vos 15 ans. C’est censé être une classe à prendre pour en apprendre davantage sur votre religion et confirmer votre croyance. J’ai voulu faire ceci pour apprendre le christianisme. J’ai donc signé pour ce camp de 3 semaines qui était un camp combiné de golf et de confirmation. Le matin, nous avons eu des cours avec un prêtre sénile. Nos pensées se sont déplacées vers le prochain jeu de golf. Je n’ai rien appris.

Je suis allé à l’école secondaire avec une brise. Je sentais que rien ne pouvait me faire du mal. Mes notes étaient les meilleures possibles et ma confiance en soi était au sommet. La religion ne me vint pas à l’esprit. Je faisais très bien. Tous ceux que je connaissais étaient « religieux », et avaient trouvé « la lumière » après avoir été déprimés ou très malades. Ils ont dit qu’ils avaient besoin de Jésus dans leur vie pour vivre. Je sentais que la religion était seulement une excuse pour se cacher de la réalité.

Au collège, j’ai commencé à penser au sens de la vie. J’ai eu du mal à accepter une religion en raison de toutes les guerres et les problèmes engendrés. J’ai fait ma propre philosophie. J’étais convaincu qu’une forme de pouvoir créait tout, mais je ne pouvais pas dire que c’était Dieu. J’ai cru en une vie après la mort parce que je ne pouvais pas croire que la justice ne serait pas servi. J’ai aussi cru que tout se passe pour une raison. En raison de mes antécédents et de ma scolarité, j’ai été dupe de croire à la théorie de Darwin, puisqu’elle est enseignée comme un fait. Plus je pensais au sens de la vie, plus je devenais déprimé, et je sentais que cette vie ressemblait à une prison. J’ai perdu la plupart de mon appétit pour la vie.

J’en connaissais beaucoup sur le bouddhisme et l’hindouisme puisque je me suis intéressé à ces choses à l’école. Nous avons appris en détail leur façon de penser et leur culte. Je ne savais rien de l’islam. Je me souviens de mon livre de lycée montrant comment les musulmans prient. C’était comme une bande dessinée pour montrer les mouvements, mais je n’ai rien appris sur la croyance. J’ai été nourri de toute la propagande par les médias et j’étais convaincu que tous les hommes musulmans opprimaient leurs femmes et frappaient leurs enfants. Ils étaient tous violents et n’hésitaient pas à tuer.

Dans ma dernière année d’université j’ai eu une grande passion pour la science. J’ai fini à Boston et a été confronté à quatre musulmans. À ce moment-là, je ne savais pas qui était Mouhammed et je ne savais pas qu’Allah était le même dieu que « Dieu ». J’ai commencé à poser des questions et à lire des livres. Mais surtout, j’ai commencé à socialiser avec les musulmans. Je n’ai jamais eu d’amis d’un autre pays avant (encore moins une autre religion). Toutes les personnes que je connaissais étaient suédoises. Les musulmans que j’ai rencontrés étaient des gens merveilleux. Ils m’ont accepté tout de suite et ils n’ont jamais rien forcé sur moi. Ils étaient plus généreux pour moi que ma propre famille. L’islam semblait être un bon système de vie et j’ai reconnu la structure et la stabilité qu’il fournissait. Mais je n’étais pas convaincu que c’était pour moi.

Un de mes problèmes était que la science contredisait la religion (du moins de ce que je savais sur le christianisme). J’ai lu le livre « La Bible, Le Coran et la Science » de Maurice Bucaille et toutes mes questions scientifiques ont été répondues ! C’était une religion qui était conforme à la science moderne. Je me sentais excité, mais ce n’était pas encore dans mon cœur.

J’ai eu une période de brainstorming quand je pensais à toutes les nouvelles choses que j’ai apprises. J’ai senti mon cœur s’adoucir et j’ai essayé d’imaginer une vie en tant que musulmane. J’ai vu une vie humble pleine d’honnêteté, de générosité, de stabilité, de paix, de respect et de bonté. Surtout, j’ai vu une vie avec un sens. Je savais que je devais laisser aller mon ego et m’humilier devant infiniment plus puissant que moi.

Deux fois, on m’a posé la question « Qu’est-ce qui vous empêche de devenir musulman ? ». La première fois, j’ai paniqué et mon cerveau a été bloqué. La deuxième fois, j’ai pensé pendant un certain temps à trouver une excuse. Il n’y en avait pas, donc j’ai prononcé dit la chahada, al hamdoulillah.

[Témoignage d’Helena]